1er ARTICLE ZEP METZ

Voici le tout premier article d'un bloggeur ZEP messin. Accrocheur et touchant, il nous raconte son plongeon dans la vie d'étudiant. 


«                     17 ans, l'âge du départ

Dimanche 4 septembre 2011. Gare de la Part Dieu, Lyon. Je cherche mon train dans la précipitation. La peur de le louper sans doute. A 17 ans, c'est la première fois que je le prends. Normal, je ne suis jamais parti de chez moi. Je le vois. Ma mère, mon père, ma sœur me sert très fort dans leurs bras. Ils fondent en larmes. Pas moi. L'adrénaline probablement. Je monte dans le train. Je pose mes affaires, je m'assoie. Un dernier signe, un dernier coup d’œil. Le train démarre.
C'est la première fois depuis que je sais que je vais vivre à Metz que je réalise que j'y vais véritablement. Je retiens mes larmes. C'est dur mais j'y arrive. Je sais que ce soir, pour la première fois de ma vie, je serais seul. Sans famille, sans amis, sans même un animal de compagnie. Je ne pense même pas au fait que j'ai enfin un appart' pour moi tout seul. J'ai tellement de peine. 4 longues heures de train. Très longues même. Je repense à mes trois années de lycée passées en un éclair. A plus loin aussi : mon enfance, les bons moments du collège, les anniversaires, les Noël en famille. Je me dis que trois ans dans cette ville, ça va être long, interminable, ennuyeux.
On arrive à Nancy. Beaucoup de gens descendent. Ça à l'air plus cool que Metz. Je me dis aussi que je suis bientôt arrivé. Enfin. Je reçois des messages de ma mère, de mes amis. C'est très touchant, trop même. Ils me font pleurer. Enfin mouiller les yeux et nouer la gorge car je me retiens. Je ne veux pas passer dans ce train pour un enfant.
19h. Metz. Je descends du train avec mes valises. Je suis déjà perdu. C'est ce que je craignais. J'ai encore plus peur. Finalement, je trouve l'endroit où s’arrête les taxis. J'en prends un. Le chauffeur me demande où je vais. Je lui dis l'adresse. C'est la seule chose que j'ai retenu d'ici. Il a l'air de connaître. Il se met à rouler. Il est sympa, on commence à discuter. Je lui dis que je viens d'Annecy, que je viens pour les études. A un moment, dans la conversation, il me dis : « Vous verrez, vous allez vous plaire ici ! » J'ai envie de rigoler mais je ne le fait pas. Je ne le crois pas, même pas une demie-seconde.
Il me dépose devant chez moi. Je reconnais les lieux vu que je suis déjà venu avec mes parents pour installer des affaires. Je monte les deux étages. Ouvre ma porte. Pose mes sacs. Et referme la porte.
Je reste debout quelques secondes à regarder ce studio de 20 mètres carrés qui sera mon « chez moi » pour trois ans. Je tire la chaise et m'assoie. Je sens un immense chagrin qui monte en moi. Et soudain : j'explose. Je pleure à chaudes larmes. J'évacue tout ce que j'ai contenu dans le train et même toutes ces vacances. Des années que je n'avais pas pleuré comme ça. Cela dure une dizaine de minutes.


J'essaye de me calmer, de respirer. J'ai l'impression d’être l'homme le plus seul et le plus malheureux du monde. Je ne sais pas encore que les plus belles années de ma vie viennent de commencer... 
 Kevin, 20 ans , étudiant, Metz                »