Une étudiante nous raconte...

Voici une étudiante, originaire d’Albi, qui a souhaité nous faire partager son ressenti sur la réalité du Mettis.
«                  La réalité du Mettis

"Mai 2014, déjà huit mois que le Mettis a été inauguré à Metz. Plus de travaux dans la ville, un Mettis toutes les dix minutes, des voies réservées, de nombreux arrêts, des places réservées pour les fauteuils roulants et les poussettes, des boutons d'appel placés bas, les stations annoncées à l'haut-parleur et visuellement. Ce nouveau transport semble parfait et adapté à tous. Une personne en fauteuil peut entrer dedans. Un sourd peut lire les stations. Un aveugle peut entendre son arrêt. Le Mettis permet à tous, personnes âgées, en situation de handicap ou avec une poussette, de circuler facilement. Mais tout ceci n'est qu'en apparence.
            En réalité prendre  le Mettis peut s'avérer être un parcours du combattant. Durant le mois qui vient de s'écouler j'ai assisté à trois scènes différentes qui m'ont laissée perplexe. Comment un nouveau transport peut-il ne pas être aux normes pour tous?
            Il y a trois semaines de cela, j'étais tranquillement installée et j'attendais ma station quand un aveugle monte dans le Mettis. Toutes les places réservées étaient occupées et personne ne se lève. La personne doit demander pour pouvoir obtenir un siège. Rester debout est bien compliqué puisqu'elle ne voit pas les virages ni même les barres pour se tenir. Tout d'un coup quelque chose me frappe. Alors qu'habituellement le Mettis annonce les stations à voix haute il est aujourd'hui muet. Cette personne me demande de lui signaler l'arrêt de la République. Je descends à la même station c'est donc naturellement que je lui dis et que je l'aide à descendre. Mais est-ce normal que cette personne est dû dépendre d'un tiers pour sortir du Mettis? Pourquoi le Mettis est-il en réalité souvent muet?
            Un autre jour, une dame chargée a une poussette et est accompagnée d'un enfant marchant à côté. A la station elle fait descendre le petit garçon et s'apprête à sortir à son tour quand les portes se referment. L'enfant est dehors, la mère dedans. Immédiatement elle appuie sur le bouton, mais les portes restent closes. Il a fallu que les gens tapent sur la vitre du conducteur pour qu'il daigne rouvrir. Est-ce normal que les détecteurs ne captent pas quelqu'un sur le point de sortir?
            Hier, je visite Metz avec une amie. A la même station que nous se trouve un homme en fauteuil. Le Mettis arrive, la porte s'ouvre,  la rampe d'accès se déploie. Mais il ne peut pas monter. Il bute une fois, deux fois, tente de lever son fauteuil. Nous l'aidons à monter dans le Mettis. Il nous remercie et nous explique que la rampe est trop raide et qu'à chaque fois c'est la même chose. Il a dû mal à accéder au Mettis seul. La rampe est trop raide, les petites bosses impossibles à passer en restant sur les quatre roues du fauteuil.  Est-ce normal que cet homme soit dépendant d'une autre personne pour monter et descendre du Mettis?
            Trois cas parmi de nombreux autres. Le Mettis semble totalement adapté pour tous, mais c'est seulement quand on est confronté à certaines situations qu'on se rend compte que l'apparence est trompeuse. Les installations ont moins d'un an et pourtant elles ne sont pas aux normes. En 2015 tous les lieux publics et les transports doivent être accessibles à tous. Alors comme se fait-il qu'un transport inauguré un an avant cette date ne soit pas adapté à tous?"
Coraline, 18ans, étudiante , Metz                           »